À propos de Neon Nightz par The scandelles
Publié par viva
Ça y est, Edgy a démarré sur les chapeaux de roue grâce aux Scandelles et, à peine arrivée de Paris, j’ai foncé au MainLine Theater pour assister à la seconde représentation.
Bon, pour que vous vous fassiez une idée de la force de la chose, laissez-moi vous décrire l’état dans lequel j’étais avant le show… Le matin je m’étais levée à 5h, les yeux brûlant de fatigue, pour prendre un avion dans lequel je n’ai évidemment pas dormi une seule minute. Une fois à Montréal, la mini sieste de l’après-midi m’a donné un aperçu affreusement frustrant du délice que pouvait être le fait de se trouver sous une couette moelleuse, plongée dans l’obscurité silencieuse. Le décalage horaire étant, le show a débuté alors que mon horloge biologique indiquait 1h du matin. Et on m’annonce un spectacle d’1h45 avec entracte… bref, je redoutais de m’endormir à l’instant même où nous serions plongés dans l’obscurité. Et bien que nenni !
Le nom « Scandelles », évoque pour moi deux lieux parisiens mythiques : El scandalo, le génial bar lesbien de la rue Keller qui régna sur la fin des années 80 et le début des 90ies ; et les Chandelles, le club échangiste « select » de la capitale… (En écrivant ce post, je regarde sur le net si les Chandelles existe toujours… et non seulement c’est le cas, mais en plus le premier titre de la playlist qui joue lorsqu’on arrive sur le site est Intro de The XX !!)
Je vous l’accorde, ça n’a pas grand-chose à voir, mais je ne peux que constater avec amusement que le spectacle de The Scandelles mélange d’une certaine manière ces deux univers : un regard queer décapant, plein d’humour corrosif mais aussi de tendresse, sur l’univers du strip-tease, table-dance et autres réjouissances pour mâles en mal d’érotisme et/ou d’affection. Sasha Van Bon Bon aborde avec intelligence, finesse et humour sa propre expérience de stripper à Montréal dans les années 90 et c’est absolument jubilatoire ! Kitty Neptune, la pole danseuse, vous propulse direct dans le vif du sujet avec le sérieux de la professionnelle et l’ironie de l’artiste (son évocation de superman, nue en haut de la barre de pole dancing est géniale !) Et Countess Christsmasher, qui de sa voix chaude interprète en live les morceaux du show et bouscule parfois le monologue de Sasha, participe du caractère et de l’authenticité de l’ensemble. Le chemin n’est pas un chemin de croix, il transformerait plutôt le néon en lumière divine… mais stop ! N’en dévoilons pas trop !
C’est d’un monde d’apparences, d’illusions, de fantasmes dont il est question, et pourtant c’est clairement la sincérité qui touche le public, tous les publics. Car ce qu’ont révélé les échanges entre le public et les artistes qui ont suivi les deux premiers shows, c’est que l’auditoire est idéalement éclectique : néophytes, clients des boites de strip et stripteaseuses ! Et chacun y trouve son compte ! La néophyte que je suis jubile de pénétrer ce monde interlope ; les « clients » sont heureux de pouvoir regarder sans être jugé, de n’être pas seulement considéré comme des distributeurs de billet de banque ; et les strip-teaseuses qui étaient là hier n’en revenaient pas de voir leur quotidien ainsi représenté et magnifié, elles étaient enchantées ! Bel hommage !!

