Yumiko Yoshida, Lise Vigneault, Karen Sherman @ Tangente
Publié par viva

Bon, je vous l’ai déjà dit, c’est mon premier Edgy et il y a deux choses qui s’imposent à moi jusqu’à présent : l’éclectisme des travaux présentés et la prépondérance de l’humour.

Tout d’abord, revenons sur la performance de Jess Dobkin. Comme pour le Edgy Challenge, j’ai filmé la performance et du coup je ne l’ai pas vraiment vu. J’ai toutefois pu observer un étonnant foisonnement de formes, d’idées et l’enthousiasme du public !

La soirée d’hier, à laquelle vous pourrez encore assister ce soir, rassemblait 3 artistes à Tangente : Yumiko Yoshioka (Berlin), Lise Vigneault (Montréal) et Karen Sherman (Minneapolis).

Yumiko Yoshioka présente « En on » une pièce d’inspiration butô dans laquelle on retrouve la forte esthétique du mouvement de danse contemporaine japonaise, le rythme lent, le corps blanc et quasi nu, le grotesque de certaines scènes.  La pièce est une métaphore de la vie que l’on pourrait résumer radicalement comme suit : la difficile naissance (la créature se libère de son cocon), la fougue désordonnée et violente de la jeunesse (la créature s’ébroue en louchant), la fin apaisée et heureuse. L’interprétation remarquable et l’excellente bande sonore nous invitent à l’introspection. Cette fin douce, libérée des désirs, « c’est un rêve » me glisse plus tard Yumiko avec son sourire espiègle, « il faut toujours avoir des rêves ».

Lise Vigneault et son « Keep it to your self, dear » explore cette maladresse qui, poussée à son paroxysme, s’avère un vrai frein à la vie sociale… Incarnant tour à tour un sévère docteur et une patiente à la limite de l’autisme, sa démonstration délirante sur fond de video old school et didactique, s’achève par une chorégraphie aux petits oignons (ça c’est pour rendre la pareille aux québécois qui m’apprennent leurs incroyables expressions…), drôle à souhait.

Dans « Demolition Boy », Karen Sherman apparaît comme une sorte de Buster Keaton féminin. Son français déplorable (« ça reste entre nous »), ses chorégraphies déroutantes exécutées avec le plus grand sérieux, son usage de la video comme instrument de (auto-)flagellation, tout comme ses autres propositions, concourent à faire de sa performance une expérience surprenante et jubilatoire. Sans compter qu’elle répond à la question qu’on se pose tous : Qu’est-ce qui se passe quand on se frotte (le cul) à l’ART ?

Rendez-vous ce soir à Tangente, ainsi que samedi et dimanche pour le dernier show et ici-même pour un dernier post !

Une réponse pour “Yumiko Yoshida, Lise Vigneault, Karen Sherman @ Tangente”

  1. Fantastique ce récit, je ne croyais pas à ça, merci, et félicitations pour ce blog. Je pense que retournerai sur ce site.

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