EDGY-HOCKEY // Auto-entrevue avec B12
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Radikale – Vous avez participé à la game de hockey du festival d’art féministe Edgy-Women. Parlez-nous de votre expérience?

B12 – « Même si on a passé plus de temps su’l cul que sur nos patins, on a donné notre 110% sur la glace. Les joueuses et le goaleur, seul gars d’la place, on sué leur vie pour cette expérimentation artistico-sportive. On a trippé. »

Radikale – Est-ce que quand c’est des femmes qui on le gros bout du bâton et jouent avec la puck, ça devient un sport féministe?

B12 – « Excellente question! Disons les choses comme elles sont : la puck est toujours noire, donc c’est plutôt un sport anarchiste… Y’avait pas ben ben de rose ou de mauve sur la patinoire. Quoi que, à bien y penser, peut-être le fait des joueuses élite des Martletts (NDLR: Équipe de hockey féminin de l’université McGill) ou qui avaient joué avec les Stars de Montréal jouaient côte à côte avec celles qui n’avaient patiné qu’une seule fois dans leur vie montre quand même un haut niveau d’ouverture. Et sans jamais jouer du coude hein… C’était compétitif dans les concours de buvage de bière su’l banc, mais pas su’à glace. On comptait même pas les points… »

Radikale – J’ai entendu dire que la Ref., Meg. E. Winks, aussi organisatrice de l’événement, y est allée de fantaisies et a décidé de changer les règles…

B12 – « Ben oui toé, c’était complètement absurde. Au lieu de faire les pénalités sur le banc, toutes les personnes impliquées dans un accrochage accidentel ou non – et dieu sait qu’il y en a eu! – devaient se mettre chume avec la voisine et patiner avec elle en se tenant par les coudes jusqu’à ce que la Ref. se rappelle qu’il y avait deux dindes de pognées l’une après l’autres su’à glace. Peu propice à scorer, ces moments d’intimité d’odeur et de sueur on plutôt permit des rapprochements inter-calibre entre les joueuses (toutes des femm*s) des deux équipes… »

Radikale – Justement, quel était le nom de votre équipe?

B12 – « N’en déplaise à la Société St-Jean Baptiste et au MERQ (Mouvement des étudiants responsables du Québec, aka prout), on s’est donné le nom des « Strikers » surtout parce que ça sonne hot, mais un peu aussi en soutien à la lutte actuelle contre la hausse de 1625$ des frais de scolarité… On était quelques-unes à porter fièrement le carré rouge sur not’ Jersey. GO STRIKERS! (NDLR : Elles ont perdu)»

Radikale – Dites-moi, pourquoi B12? C’pas un nom de sportive me semble? Pourquoi pas Kovalevisky ou Marcovette ou encore Gouinez?

B12 – « En tant que ex-jamais-vraiment-été-athlète, Edgy-Hockey m’a permis de me rebrancher sur les « bienfaits du sport sur la santé et le moral ». Parfait timing avec la fin du mois de mars gris foncé. Pis comme je suis plus souvent les mains sur clavier, ou euh… que sur un bâton de hockey, ben ça m’a comme repompé sa femme d’aller me faire aller sur la patinoire. J’avais pensé à Séroto, mais ça fait ben trop intello. Faque c’est ça, B12 all the way. »

Radikale – Répéteriez-vous l’expérience?

B12 – « Anytime! D’ailleurs, je suis en pourparlers avec Miriam Ginestier, la grande cheffe du festival Edgy-Women pour la convaincre d’organiser un festival par mois, histoire qu’on puisse jouer au hockey plus souvent. Mais bon, si jamais ça marche pas, y’a toujours la « Lovely Hockey Ligue » encore pilotée par Meg qui ouvre ses portes aux ceuzes qui savent un peu jouer et patiner, sans faire de chichi sur la qualité de votre habillement ni sur l’emploi de jurons. Je pense que c’est fait pour moi. »

Radikale – Au fait, une game de hockey dans un festival d’art féministe : what the fuck?

B12 – « Aucune idée. Faut demander à Miriam, la DG… mais mon 6e sens me dit que ça s’ra pas la dernière… À l’année prochaine gang! GO STRIKERS! »

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B12 – « C’que j’vous ai pas dit c’est que c’était mon rêve de petite fille de jouer au hockey pour vrai, sur une vraie patinoire zambonisée, avec un vrai casque et des vrais gants de hockey, mais que les caves de p’tits morveux de mon quartier, armés du grand patriarcat n’ont jamais voulu me laisser monter sur la patinoire. Alors pour moi, cette game de edgy-hockey, c’était un safe space pour vraiment réaliser un rêve de barb-baby-butch qui n’avait jamais pu être réalisé avant. Merci Edgy. »

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